PREAMBULE
J’ai écris ce récit rapidement et à chaud,
donc parfois il sera un peu décousu ! Afin de faire partager
au plus grand nombre cette aventure, il est bien difficile
de raconter même l’essentiel sans en oublier les 3/4, tellement
il y a de choses à dire...
Je reviens donc entier (ainsi que la voiture !) d'un voyage
réellement exceptionnel, et j'en ai encore plein les yeux:
je ne pensais pas qu'il soit possible de voir autant de
variétés de paysages, de pistes, de beaux villages, de villes
cosmopolites, de visages, de rencontres authentiques, de
manières de vivre, de climats, d'animaux, de couchers de
soleils, de bivouacs féeriques, de couleurs, d'odeurs, de
fruits, de végétation, de lieux mythiques, de pays … mais
aussi de différences par rapport à nos standards occidentaux
(pas toujours glorieux …)
Participants à l’aventure: trois marginaux, à savoir Daniel
Puchet et Thierry Lacazette (récupéré à Bamako jusqu’ou
il est descendu par avion) sur KZJ 95, et moi-même avec
le 80.
Distances réalisées : 8 000 km à la descente (Chamonix -
Lomé, capitale du Togo) et 9 500 km à la remontée (boucle
par le Pays Dogon et Tombouctou). Tracés différents et aucune
piste prise dans les deux sens. Type: goudron rapide jusqu’au
bas du Maroc, puis le plus possible de trajets pistes et
hors pistes. Terrain rencontré hors goudron : absolument
tous les styles, du caillouteux à la tôle ondulée, en passant
par les pistes sablonneuses ou de latérite, et le hors piste
dans les hamadas ou la savane (seul manque : franchissement
de grandes dunes, et pourtant il y en a : évitées fautes
de temps suffisant). Gasoil consommé: environ 2 500 litres
! (moyenne 14 litres au 100 tous types de terrain confondus).
Déclinaison en latitude : départ entre le 45 et le 46 éme
parallèle (Chamonix), et point le plus bas atteint (bord
de mer à Lomé) : pratiquement à 5 parallèles seulement de
l’Equateur (latitude de la Guyane française, de la Malaisie
ou du bas du Sri Lanka) : jamais été aussi bas en voiture
pour tous les trois !
Durée: 35 jours de raid, de Chamonix à Chamonix, dont 10
jours de goudron rapide (5 j aller et 5 j retour entre Chamonix
et Dakhla, au Sahara Occidental). Rythme finalement assez
tranquille en dehors des liaisons goudrons ; plusieurs demi-journées
de pauses touristiques ou mécaniques ! (Bamako, Sikasso,
Ouagadougou, Lomé).
Météo rencontrée : parfaite quasiment de bout en bout, que
du beau (un seul jour avec quelques gouttes au bas de la
Mauritanie), chaud vers le sud mais supportable, sec et
agréable sauf moitié sud Togo/Bénin (tropical chaud et humide,
clim bienvenue !).
Nombre de bivouacs : 21, tous de style différents et plus
beaux les uns que les autres (dont deux avec René et sa
famille).
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J1 - J5 - FRANCE - ESPAGNE - MAROC - FRONTIERE MAURITANIENNE
Départ le jour de l’an 2004 vers midi,
petite étape l’après-midi jusqu’à Perpignan, puis J2 traversée
autoroutière de l’Espagne (une nuit à Grenade), puis J3
Gibraltar (par Ceuta), passage sans problèmes et rapide
du ferry et des frontières; étape tranquille le soir au
Maroc à l’Ibis de Casablanca.
Le lendemain (J4) direction Tan Tan plage (860 km), avec
à midi pause côtelettes de mouton en dessous d’Essaouira,
et le soir étape en bord de mer chez Equinoxe (comme d’hab
pour ceux qui connaissent !).
Le 05/01 Tan Tan / Dakhla (850km), routes goudronnées du
grand sud désertes et rectilignes, à midi poulet grillé
à Boujdour, puis premier bivouac en dessous de Dakhla, au
terme des 2 000 km d’autoroutes France/Espagne et des 2
500 km de traversée du Maroc et du Sahara Occidental, bouclés
en 5 jours sans pbs .
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J6 - PREMIERES PISTES EN MAURITANIE
Un dernier bout de goudron, puis passage
de la frontière entre Maroc/Mauritanie : rapide et facile
aussi, sortie du Maroc en 1 heure seulement, à Guégararat
(sans avoir à passer à Dakhla et sans convoi : ceux qui
connaissent apprécieront, et à titre indicatif pour les
autres en janvier 2001 avec Nathalie nous avions été bloqués
2 jours et demi !) ; ensuite 20 km de piste dans le no man’s
land (miné en dehors des traces), et entrée en Mauritanie
tout aussi rapide, malgré le fait que nous n’avions pas
de visa pris à l’avance : en France l’ambassade n’en délivre
plus, et il faut théoriquement les prendre à Casa au passage,
en perdant au minimum ½ journée … : là tout a été bouclé
en 1 heure, moyennant 60€ pour le visa.
Ensuite après quelques km de piste on retrouve comme prévu
Mohamed Arturo, contacté auparavant de France par Internet
: il habite Nouadhibou, et nous a préparé les assurances
et le change (1 euro pour 310 Ouguiyas Mauritaniens) puis
il nous a rejoint comme prévu juste après la frontière :
ceci nous a efficacement évité les formalités de Nouadhibou
(gain d’une demi-journée au moins : sans cette petite manip
il faut descendre au bout de la presqu’île, et trouver un
assureur et un banquier par soi-même …)
Ensuite nous mettons le cap au sud, nous croisons le train
minéralier (par chance il passe au moment du casse-croûte
de midi !), puis on attaque gaillardement les grandes hamadas
de la baie des lévriers : le raid commence vraiment ! Deuxième
bivouac, sous une belle barkane, en Mauritanie.
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J7 - PISTES ET HORS PISTES, PUIS PLAGE ET NOUAKCHOTT
Descente plein sud d’abord par des grandes
hamadas vierges, puis par une piste plus à l’ouest qu’habituellement
(à la remontée nous trouverons un trajet plus roulant et
direct plus proche de l’atlantique, au cap) vers le parc
du Banc d’Arguin, dont les chotts sont encore un peu humides
mais passent bien.
Quelques photos de pélicans plus tard, nous sommes à Nouaghmar
(village des pêcheurs aux dauphins de Cousteau) pour aborder
la plage qui relie ce village à Nouakchott: c’est la seule
route qui relie Nouadhibou à la capitale … Nous avons par
contre longé parfois le tracé de la future route goudronnée
(faite par des Egyptiens) qui devrait être terminée d’ici
un ou deux ans. Les 180 km de plage sont avalés assez facilement
en fin d’après-midi, grâce à une marée parfaitement concordante
(basse) nous laissant une plage relativement large de sable
porteur (ce qui ne sera pas le cas en remontant : mer forte
et très peu de marge !).
Beau coucher de soleil à Nouakchott, et étape au campement
qui s’est monté récemment juste à la sortie de la plage
(petits bungalows simples mais propres, et surtout douche
chaude bien appréciée !).
Donc nous étions à Nouakchott en 6 jours et demi, ce qui
correspondait à nos espérances les plus optimistes (je ne
vois pas comment on peut faire moins en restant dans le
domaine du raisonnable).
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J8 - TRAVERSEE DE LA MAURITANIE, PUIS PISTE VERS LE
MALI
800 km. Départ matinal de Nouakchott
: ville toujours aussi sale, ambiance austère, voitures
dans un état calamiteux (en particulier les R 12 des taxis
et les minibus locaux : pas 1 cm carré de carrosserie non
cabossé, plus aucun phares, radiateurs et parfois moteurs
entiers complètement à l’air: cf. photos !). Bien entendu
circulation toujours aussi désordonnée et foireuse, du fait
des bouchons, de l’absence du moindre feux ou panneau, de
l’état des carrosseries qui ne craignent plus aucun contact,
et surtout de l’esprit dominateur et inconscient des conducteurs
(essentiellement des Maures): tout se fait selon la loi
du plus fort (ou souvent du plus gros), donc on s’en sort
pas mal, sauf avec les minibus qui eux foncent littéralement
dans le tas et que tout le monde laisse religieusement passer
! (Heureusement qu’ils n’on pas de vrais gros bus, ce serait
un massacre !).
Ensuite traversée de la Mauritanie par un bon goudron, nombreux
villages (sans âme) en bord de route, et beaucoup de carcasses
d’animaux percutés par les camions ou véhicules sans freins.
Passage à Kiffa que nous connaissons depuis 2001 (arrivée
des pistes descendant de Tittjikja), puis au sud-est de
la Mauritanie on quitte le goudron pour prendre plein sud
une belle piste sablonneuse en fin d’après-midi (à hauteur
de Tintane), direction Nioro du Sahel, au Mali. Le goudron
nous ayant un peu frustré, nous faisons d’ailleurs quelques
dizaines de km de piste de nuit, bien agréables dans ce
sable assez porteur et dépourvu de piéges (genres cailloux
ou racines cachés !). Bivouac sympa dans une zone de savane
sahélienne, mais avec quelques gouttes de pluie ! (même
pas de quoi mouiller la tente, et ce seront les seules de
tout le raid).
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J9 - ENTREE AU MALI PAR NIORO DU SAHEL
300 km de piste. Pour relier la Mauritanie
au Mali, nous passons par un réseau de superbes pistes sablonneuses
typiquement sahéliennes, émaillées de beaux villages, avec
habitants accueillants et très étonnés de voir des blancs
en 4x4 dans ces coins reculés (ce n’est pas le passage habituel).
Nous sommes passés par Touil, dernier village Mauritanien,
ou les douaniers n’ont pas manqué de nous taxer 10 euros
chacun pour motif de travail supplémentaire un Vendredi
(jour de repos des musulmans … ); ils n’avaient pas vu de
touristes depuis bien longtemps semble-t-il, et ils ne savaient
plus ou était le « tampon » à apposer sur les passeports
…: donc ils l’ont cherché dans le village, puis après quelques
palabres et hésitations, nous avons pu filer: l’Afrique
noire commence bien ici !
Ensuite le réseau de piste s’est densifié en entrant au
Mali, et nous avons un peu tournicoter (voir la trace informatique
!) pour trouver les bonnes : la région est plus tournée
vers la ville de Kayes (plus à l’ouest, côté Sénégal, mais
ou je ne voulais pas aller puisque j’y suis passé en 2001)
: nous voulions aller vers l’ouest, sur Nioro, mais aucune
piste franche n’y mène. Heureusement, nous avons eu la chance
de trouver des villageois très sympas pour nous orienter,
et nous avons pris à bord à deux reprises des jeunes pour
nous guider : super sympas mais très impressionnés par les
4x4 en action, car d’habitude ils prennent ces chemins avec
leurs ânes et charrettes: des souvenirs amusants pour eux
comme pour nous, surtout au moment du casse-croûte au vu
de la nourriture européenne ! Donc sur une trentaine de
km de dédales de mini pistes et chemins, nous avons fait
une trace à l’ordinateur avec eux à bord pour nous guider
jusqu’à la piste de Nioro, puis je les ai ramené dans leur
villages respectifs et nous avons repris notre trace (à
1 600 % de grossissement impossible de se perdre : un écart
de quelques mètres se voit tout de suite sur l’écran : merci
la navigation embarquée et TTQV !). A noter dans les souvenirs
divers (lors du jardinage en hors piste) une crevaison dans
des espèces de roseaux très résistants : on tente de simplement
mécher et regonfler sans changer la roue, et coup de bol
cela marche, et tiendra tout le raid !
Pour l’après-midi, à nouveau belle piste bien marquée, toujours
sablonneuse et plaisante, jusqu'à Nioro, premier gros bourg
du Mali. Formalités d’entrée au Mali simples rapides (on
avait les points GPS de la douane et de la Police par René),
et sans aucun bakchich (bon point); par contre mauvais point
ensuite : piste en très mauvais état sur 80 bornes (pour
relier Diéma), faite en plus 5 heures, avec des signes de
plantages monstrueux de camions à la saison des pluies :
je n’avais jamais vu d’ornières aussi grosses, même avec
les engins forestiers dans les Alpes ! Coup de fil surprise
et bien sympathique en fin d’après-midi de Jean Huppert
sur le téléphone satellite : il m’apprend que le Dakar est
détourné pour l’étape Néma Mopti (pour raisons de sécurité).
Les jours suivants nous déciderons finalement de descendre
plus au sud que prévu, et à la place de la remontée initialement
prévue vers la « mythique » Tombouctou, nous irons dans
un premier temps beaucoup plus au sud que le Mali et le
Burkina (prévus dans le trip initial), jusqu’au golfe de
Guinée par le Ghana, leTogo, et le Bénin.
Bivouac sympa vers Diéma, avec le thermomètre qui commence
à rester autour de 20 degrés minimum la nuit : acceptable
pour un mois de janvier ou il fait – 10 chez nous !
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J10 - DIEMA - BAMAKO - PUIS BIVOUAC APRES BAMAKO
350 km. Descente sur Bamako, ou l’on
attrape le goudron finalement qu’assez tard (Diédéni) et
à environ une centaine de bornes de la capitale (et encore
depuis peu, grâce à nos impôts: financement européen et
belle route faite par la Colas comme en France !); mais
ce beau goudron se mérite au prix fort, car après la piste
défoncée entre Nioro et Diéma de la veille, dés le matin
il y a 180 km de la première belle piste en latérite large
et plate que l’on rencontre, mais hélas en tôle ondulée
à camion assez féroce. C'est d’ailleurs la seule zone du
raid ou je n'ai pas osé laissé le tougbook "online" (sinon
il a résisté à tout sans problèmes tout le long du périple);
il faut bien entendu théoriquement rouler soit à moins 20
km/h, soit à plus de 80, mais en pratique c’est moins simple
…. Cette partie Nioro / Diédéni aura été je pense la plus
difficile de tout le raid au point de vue de l’état des
pistes : donc il vaut mieux descendre de Mauritanie au Mali
soit par Nampala, soit par Néma.
Heureusement la piste est large et en ligne droite dégagée:
donc finalement vite envoyée, et nous sommes à Bamako vers
midi : ville Africaine typique et désordonnée, mais finalement
assez plaisante, avec des habitants pleins de vie et de
bonne humeur. La chaleur commence à être nette aux heures
chaudes de la journée, la clim commence son raid !
Le pont avant lui n'a pas trop apprécié les pistes difficiles,
et une attache de tirant donnant des signes de faiblesses
(fissure dans la soudure d’origine) : donc reprise de la
soudure "à l'Africaine" à Bamako à la « concession » ( !)
Toy locale: sans problèmes, et comme d'hab rapide et sans
rendez-vous (on a plus l'habitude chez nous !!), mais elle
ne tiendra pas le coup et il faudra la reprendre à Ouagadougou.
Au passage j’en profite pour faire une petite remise en
forme du 80 : changement des 4 amortisseurs (soit disant
renforcés, OME australiens … : 2 sur 4 perdaient de l’huile
après 400 bornes de piste …) pour remettre des origine (qui
feront la fin du raid sans problèmes : un peu mous mais
solides), vidange moteur et changement de tous les filtres.
Pendant ce temps Daniel a récupéré Thierry comme prévu,
qui était arrivé la veille par avion et nous attendait à
l’hôtel Mandé au bord du fleuve Niger : bonne synchronisation
! Le soir bivouac entre Bamako et Sikasso, en direction
du sud.
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J11 - SIKASSO
300 km. Arrivée en milieu d’après-midi
à Sikasso ou l'on rejoint le René et sa famille : étape
ô combien sympathique, avec visite de la ville et de son
marché haut en couleurs (et voitures du Dakar qui vont sur
Bobo Dioulasso : les flics voulaient absolument nous envoyer
de l’autre côté de la ville, persuadés que nous étions avec
le rallye)! Grand nettoyage des hommes et des habits, puis
bon bain dans la piscine (fort appréciée). Quelques dizaines
de photos de Mikaël (le petit dernier de la dynastie Poccard-Chapuis)
plus tard, et après un bon vrai repas le soir mijoté par
Neidge, une bonne nuit dans un lit normal !
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J12 - SIKASSO - ENTREE AU BURKINA - OUAGADOUGOU
575 km. Départ tranquillement dans la
matinée de Sikasso, et passage au Burkina "en douce" par
des pistes (prises dés la sortie de la ville) toutes plus
belles les unes que les autres, assez trialisantes au début
puis devenant plus roulantes, bien que souvent étroites
et peu pratiquées par autre chose que vélos et mobylettes
(à voir l'air éberlué des villageois voyant débarquer 2
4x4 dans des coins aussi reculés, cela doit être rare !).
Une fois de plus grande utilité de la navigation embarquée,
avec mention spéciale aux cartes 200 000 emes de l'armée
française, encore tout à fait précises et d'actualité; bonne
utilité aussi des cartes satellites pour repérer les rochers,
falaises, ou là ou les gués paraissent franchissables (ils
ont eu pas mal de pluie cette année, et certaines rivières
du Burkina et du Ghana nous ont laissé un souvenir ému lors
de leur franchissement); nous avons suivi des itinéraires
inenvisageables sans cet outil.
Nous traversons de très beaux villages (cases africaines
typiques) ; ils sont en pleine saison de récolte du coton
: dans chaque village il y a plusieurs gros tas de coton
prêts à être chargé dans un camion (dont la venue était
assez hypothétique semble-t-il : il n’y en a plus assez
depuis les évènements politiques en Côte d’Ivoire …).
Entrée au Burkina par Sifarasso, ou les douanier n’ont pas
de papiers ni tampons pour nous : ils n’ont visiblement
jamais vu passer de touristes en 4x4 ; du coup on rentre
plus ou moins officiellement … en fraude : ils ne nous obligent
pas à rebrousser chemin sur le Mali, c’est déjà pas mal
! Ensuite piste plus large et roulante vers Sindou (beaux
pics rocheux), puis Banfora ou nous retrouvons le goudron.
Nous longeons ensuite la belle falaise de Banfora (vue dégagée
au dessus des plaines de savane), puis on traverse Bobo-dioulasso
(journée de repos du Dakar ce jour là: on passe vite), et
direction la capitale que l’on décide d’essayer de rallier
ce même jour.
L’arrivée à Ouagadougou restera pour nous un grand moment
: en fin d'après-midi, la nuit tombant, avec un trafic indescriptible
très dense, fait de vélos/charrettes/ânes /chèvres/camions
antiques sans aucun feu/voitures (toutes pourries)/mobylettes
slalomeuses...et j’en passe, le tout bougeant dans toutes
les directions possibles, dans une cacophonie de klaxons
et de bruits divers, avec en prime des piétons déboulant
en tous sens avec une inconscience démoniaque: impossible
de dépasser les 20/25 km/h sur une 4 voies pourtant comestible
concernant le revêtement ! Nouakchott (déjà nettement plus
merdique que n'importe ou au Maroc) est vraiment une promenade
de santé à côté, la densité démographique étant beaucoup
plus forte à Ouaga; enfin, on s'est bien marré, mais je
ne pensais réellement pas que l'on puisse vivre un tel cirque
au volant: belle expérience, et merci à nos puissants phares
! (tout le monde se barre en croyant que c’est un monstre
camion qui arrive, puisque leurs phares anémiques ne fonctionnent
que rarement normalement).
Ouaga est une ville tentaculaire, avec plusieurs millions
d'habitants, et on commence à rentrer dans l'Afrique noire
profonde tant au niveau ethnique que climatique: évidemment
très dépaysant, et très plaisant, mais pour quelques heures
seulement lors d’une étape de passage. Coup de bol : on
a déniché un Hôtel correct (cité dans le petit futé, bien
fait pour le Burkina) : douche et clim (bruyante, mais c’est
mieux que rien !)
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J13 - AU SUD DE OUAGADOUGOU
200 km de piste. Après une matinée à
Ouaga, passée à découvrir la ville et à renforcer la soudure
du pont avant, l’après-midi descente plein sud du Burkina
par 200 km des pistes (qui commencent après Manga) : latérite
roulante très plaisante, avec une végétation qui progressivement
s'épaissit, pas mal de baobabs, et des villages de cases
tous plus beaux et préservés les uns que les autres. On
traîne et on s’arrête faire des photos fréquemment; contacts
avec les villageois très sympathiques (ils ne voient que
très rarement des touristes : pas de « contamination » et
rapports normaux et sincères tout à fait possibles). Un
super bivouac de plus, avec beau coucher de soleil Africain
sur la savane : dépaysement garanti !
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J14 - PASSAGE DU BURKINA AU GHANA
250 km. Le matin on continue notre descente
plein sur, empruntant des petites pistes en réseau dense,
qui finalement nous amènent au Ghana (non prévu initialement,
mais pistes impraticables pour rentrer directement au Togo):
là encore changement total, avec pays anglophone (et influence
anglaise encore très présente), beaucoup d’eau (plusieurs
très belles rivières), villages et ethnies bien différents.
Les gens sont plutôt curieux car ils ne voient visiblement
que très rarement des touristes en 4x4 (qui aurait l’idée
d'aller au Ghana !!) : on perfectionne notre anglais !
Les passages de contrôles et frontières sont un peu plus
tendus et chaotiques : en effet, nous n'avions pas de visa
(obligatoire pour le Ghana, et pris à l’avance en France
ou à la capitale, à 1 000 km), ni aucune autorisation. Donc
arrangements à l'Africaine, discussions un poil hypocrites
(des deux côtés!), et finalement on s'en sort comme d'hab
en y laissant quelques dollars (anglophone oblige !) et
quelques bières, le tout dans une ambiance bon enfant en
parlant un mélange anglais/français/dialect local: là encore
expérience amusante et enrichissante !
A noter que dans ces pays encore plus qu’ailleurs, tous
nous prennent pour des « martiens » (au minimum) au vu du
GPS et de la navigation embarquée sur ordinateur ! D’ailleurs,
contrairement à ce que je pensais avant, la plupart du temps
c'est un très bon instrument pour détendre la situation
et amorcer le passage de la frontière ou du contrôle de
police: quand ils voient leur propre position sur l’écran,
ils ont du mal à le croire et à l'intégrer, alors du coup
ils rigolent et nous laissent passer ! Nous n’avons pas
rencontré de pays « no computer » comme la Libye (donc nous
avons tout laissé en place, VHF comprises, du début à la
fin du raid, sauf pour le passage à Ceuta).
Retour ensuite l’après-midi au Togo: là pas de problèmes,
le visa est donné directement à la frontière pour les français
(a senkansé : il faut remonter quelques km au nord), et
il n’y a plus pas l’obstacle de langue ! Ravitaillement
un peu plus au sud à Dapaong, puis on entame une grande
boucle de piste que nous avions repéré sur les cartes Russes
(par Tami, en longeant en fait la frontière Togo-Ghana).
Là encore très belle piste en latérite roulante et très
beaux villages remplis de villageois sympathiques. Bivouac
après Sanssanné, 10 km à l’est de la frontière avec le Ghana,
en pleine savane.
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J15 - PETITE PISTE PUIS ATAKPAME - ENTREE AU TOGO
400 km. On poursuit la piste plein sud
démarrée la veille, toujours aussi belle, sauvage et émaillée
de paysages changeants, de beaux villages (on les imagine
tels quels il y a quelques millénaires: absolument rien
de moderne n'y est encore arrivé). La piste devient de plus
en plus petite, puis elle n’est quasiment plus qu’un chemin,
mais on peut tout de même progresser en hors-piste (terrain
très plat). On hésite quand même à rebrousser chemin, car
côté cartes pour le Togo (comme pour le Burkina et le Bénin),
je n'avais plus que les 500 000 émes russes (et les satellites,
pas les 200 000 emes françaises comme pour Mali Mauritanie)
: mais elles sont sommes toutes assez précises, et très
utiles en tous cas: les pistes n'ont que très rarement changé
d'emplacement depuis les années 50 !
La population Togolaise (comme celle des autres pays d’Afrique
noire traversés) est vraiment ultra sympa et accueillante,
et pas du tout pourrie par un quelconque tourisme: un vrai
régal pour les relations authentiques. Le matin grand souvenir
: nous avons fait une pause de 2 heures consacrée à la visite
complète d’un très beau village de cases, avec présentation
au chef,, invitations diverses, et discussions curieuses
animées avec les hommes, mais aussi femmes et enfants ;
aucune chose demandée en échange (nous laissons çà et là
des médicaments et conseils médicaux au gré des besoins,
et prenons une adresse internet pour envoyer des photos
au « cousin de la ville » !).
Ensuite nous continuons plein sud, grands sourires et grandes
salutations de tous au bord des pistes (même si on leur
soulève de la poussière, bien qu’allant doucement) ; leur
expression favorite très sympathique étant d’ailleurs «
bonne arrivée ». Les femmes des villages, souvent très ouvertes
et rigolardes, sont actives mais ne paraissent pas du tout
opprimées.
L’ensemble donne une impression de grand changement par
rapport aux populations arabes plus au nord, ou les gamins
sautent jusque sur la galerie en demandant n’importe quoi
(quand ils ne vous jettent pas de pierres …). L’ambiance
en Afrique noire est donc infiniment plus tranquille, et
c’est bien appréciable et un peu nouveau pour nous ; nous
pouvons vivre normalement, s'arrêter et même bivouaquer
dans un village ou à côté sans être envahi de partout :
les connaisseurs apprécieront!
Dans l’après-midi la piste devient encore plus étroite et
difficile suivre (seuls des vélos/piétons y passent), mais
comme les villageois questionnés au fur et à mesure de notre
avancée nous disent tous que cela passe, on insiste et on
fini par retomber sur des pistes plus marquées venant du
sud : au total un parcours vraiment exceptionnel.
Ensuite nous reprenons un peu le goudron plein sud pour
avancer un peu et rester dans un timing raisonnable (il
faut du temps pour remonter de si loin !). Nouveau bivouac
enchanteur vers Atakpamé (vers le 1/3 sud du Togo), après
une visite au marché nocturne local, bien animé et ou l’on
a goûté la cuisine locale: assez original, mais un peu rude
pour nos estomacs fragiles !
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J16 - ATAKPAME - LOME
250 km. Le matin, à nouveau piste avec
une grande boucle cette fois-ci de à l’Est côté Bénin, par
Ontivou et Tohoun (latérite, avec quelques passages de tôle
ondulée pas trop méchante). Nous longeons un lac artificiel
(barrage fait par la CEE) le long de la frontière du Bénin
: rencontre avec un groupe de pêcheur bien sympathique (homme
femmes et enfant : tout le monde participe à la pêche !).
Ensuite nous traversons de nombreux villages spécialisés
dans le bois et le charbon de bois, puis on reprend le goudron
en début d’après midi à Notsé (ou l’on achète des ananas
succulents). Après déjà de nombreuses belles journées de
pistes dans le Burkina Ghana Togo « profond», autre grand
changement ensuite: le 1/3 sud du Togo devient rapidement
tropical, avec végétation luxuriante omniprésente, arbres
exotiques (bananiers ...), pistes en latérite très rouge
et aussi climat très nouveau avec grosse chaleur et grosse
humidité, difficilement supportable pour les organismes
européens (bien que l'on soit au plus froid de l'année en
janvier dans ces contrées!): la clim a fonctionné non stop,
et nous nous sommes réfugié dans le nouvel Ibis de Lomé,
capitale du Togo.
C’est le point le plus au sud que nous ayons atteint (6
éme parallèle seulement, alors que Chamonix est au 45 éme
: nous sommes à quelques centaines de kilomètres seulement
de l’Equateur !). Nous avons même pu rouler et faire des
photos sur la plage, à quelques mètres de l'océan Atlantique,
dans le golfe de Guinée (par contre pas de baignade: rouleaux,
courants, et requins !).
Donc là encore grand moment de voir la mer au bout du capot
après tant de pistes et de sable. Nous sommes alors bien
loin de chez nous, avec déjà plus de 8 000 km au compteur..
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J17 - TRAVERSEE TOGO BENIN - ON REMONTE...
130 km. La forme est bonne pour les voitures
et pour les hommes, et nous traînons jusqu’en milieu de
journée pour se reposer à l'hôtel (en profitant de sa piscine,
bien que trop chaude à plus de 30 degrés: impossible de
se rafraîchir sous un soleil de plomb et un thermomètre
plus haut qu'en Août dernier en France !). Balade dans Lomé,
ville assez cosmopolite et amusante, population toujours
aussi sympa (mais très dense !). On réussi à trouver quelques
cartes postales, et à acheter quelques souvenirs d’artisanat
local ; repas de midi à l’hôtel puis départ pour le Bénin,
en longeant l’Atlantique et le golfe de Guinée sur une centaine
de km : cela nous change du désert et de la forêt tropicale
!
La frontière Togo Bénin se passe sans problèmes particuliers,
car assez bien organisée et pas trop de monde. Ensuite petit
pincement au cœur : le cap du GPS passe de 180 à 0 degrés
: pas de doute, on tourne le dos à la mer et on remet le
cap vers le Nord … Nuit dans un petit hôtel sympa trouvé
au pif à Lankossa, ou l’on discute avec des gens du Nigeria
(tout proche) : ils ont beau nous assurer que le pays est
beau (cela on en doute pas) et sécurisé (là c’est moins
évident …), nous remonterons sagement par le Bénin en longeant
le Nigeria mais sans y rentrer.
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J18 - REMONTEE AU BENIN
540 km. Le matin halte dans un village
amusant avec autour de l’église cours de catéchisme en plein
air (nous étions Dimanche) : tous le villageois sont là,
tous très bien habillés et coiffés, y compris les enfants
: nombreuses photos dans une ambiance sympa !
Ensuite belles pistes jusqu’à Abomey, haut lieu et ville
symbole du chamanisme : l’ambiance n’est pas la même (les
rites chamaniques étant totalement loufoques et débridés,
sacrifices de poulets à gogo et inscriptions bizarres sur
les murs !) ; enfin très amusant au second degré !
Puis remontée toujours plein nord par Savé et Parkou ; nombreux
villages émaillés de statues célébrant la fin de l’esclavage
(le Bénin était un gros vivier : Cotonou, l’actuelle capitale,
a été crée pour embarquer les esclaves sur les bateaux).
Par contre pas d’animosité particulière ressentie.
Bivouac après N dali, parfait le soir mais très perturbé
le matin par un problème inhabituel : une attaque d’abeilles
! (nous devions être sur leur territoire) ; on a tout plié
en catastrophe pour aller faire le café à 10 bornes. Les
abeilles africaines sont plus petites que chez nous, mais
très agressives : elles vous foncent littéralement droit
dessus pour vous piquer, et leur venin est costaud (j’ai
été piqué par 6 ou 7 : résultat fatigue, mal de tête et
nausées jusqu’au soir !).
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J19 - FRONTIERE DU NIGER
310 km. Journée un peu spéciale : le
matin remontée au nord par Kandi puis Malanville, avec l’espoir
de pouvoir rentrer au Niger (pour suivre ensuite le fleuve
Niger jusqu’à Gao et éventuellement Tombouctou : beau projet,
à faire un jour !). A la frontière formalités de sortie
du Bénin sans problèmes, puis traversée du fleuve Niger
(pont), mais de l’autre côté cela se gâte: au poste frontière
Nigérian, contrairement aux autres pays traversés ou le
visa d’entrée nous a été donné à la frontière, les policiers/douaniers
sont inflexibles et incorruptibles (si si, il y en a quelques
uns !) : impossible de passer sans visa, on a tout essayé
! Ils veulent nous renvoyer à Cotonou au Bénin (tout au
sud du pays) pour prendre un visa à l’ambassade du Niger
… : donc finalement nous rentrons à nouveau au Bénin (policiers
sympas : on ne repaye rien).
Nous décidons pour la suite de repasser par le Burkina en
longeant le parc national du W (à cheval sur Bénin, Niger,
Burkina) : donc nous redescendons un peu sur Kandi, puis
on prend une grande piste pour Banikoara : piste à camion
(coton) large, mais en tôle ondulée sur 80 km environ. Après
Banikoara petites pistes ou les camions ne passent plus
: elles deviennent agréables et sablonneuses (mais poussiéreuses
: nous roulons à 2/3 bornes l’un de l’autre : nous imaginons
les dégâts avec un groupe important !). Ces pistes qui passent
du Bénin au Burkina sont très peu usitées, et ont un caractère
sauvage, avec beaucoup de singes (dont certains de grande
taille, avec des dents respectables et une attitude pas
franchement amicale : nous bivouaquerons plus loin !).
A nouveau beaux villages, mais bien isolés et perdus au
milieu de nulle part … Finalement bivouac dans une zone
d’oiseaux et de singes bruyants (ambiance savane !) mais
petits, a 30 km de la frontière Bénin/Burkina.
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J20 - PASSAGE DU BENIN AU BURKINA, PUIS OUAGADOUGOU
530 km. Le matin, poursuite de la même
piste de la veille, qui devient pierreuse et quasi-trialisante
pour traverser un petit massif rocheux et montagneux, frontière
naturelle entre le Bénin et le Burkina. Ensuite elle redevient
de plus en plus large et roulante, type latérite rouge bien
plate.
Formalités d’entrée au Burkina sans problèmes à Tansarga
pour la douane (voiture), mais pour les personnes (police)
rien n’était prévu à cet endroit : comme à la descente nous
ne ferons pas d’entrée « officielle » sur le passeport (nous
aurions pu nous passer de visa pour les deux traversée du
pays !).
Poursuite de la belle piste roulante par Diapaga jusqu’à
Kantchari, ou l’on rejoint le goudron en milieu de journée.
Après un casse croûte sous un gros baobab, liaison goudron
jusqu’à Ouaga ou l’on arrive (cette fois de jour) à l’hôtel
Amiso comme la dernière fois.
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J21 - OUAGADOUGOU - DJIBO
200 km de piste. Nouvelle matinée passée
à se reposer et à se balader dans la capitale Ouagadougou,
que l’on commence à bien connaître. J’en profite à nouveau
pour faire reprendre un peu la soudure du pont avant (elle
tiendra cette fois-ci jusqu’en France).
En fin de matinée départ plein nord pour Djibo, au nord
du Burkina : la piste commence dés la sortie de la ville,
large et roulante, quelques passages de tôle ondulée, mais
acceptables. Nous traversons une région plate et aride,
pré sahélienne (et certainement plus pauvre encore que le
sud du pays).
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J22 - PASSAGE DU BENIN AU MALI
140 km (piste). Les pistes entre les
deux pays sont visiblement peu utilisées, et sont assez
étroites et sinueuses mais très plaisantes et variées. Nous
faisons une halte de deux heures environ au village de Baraboulé
(le dernier du Burkina) que nous visitons, puis discussion
amusante avec les autorités locales (policiers/douaniers
!) qui sont contents de voir des touristes (photos numériques
renvoyées par mail : chacun s’est fait prendre en photo
à son poste de travail !). Il y a dans ce village une «
marre aux crocodiles » (sans crocodiles comme d’habitude
: piége à touriste !).
Formalités de sorties du Burkina sans problèmes (bien que
nous n’y soyons pas entré officiellement), tout s’étant
arrangé avec une histoire de poulet : en effet, puisque
le douanier en avait acheté quelques uns la veille, nous
lui en avons acheté un (au prix touriste : aux alentours
de 3 euros …), qu’il nous a sur le chant estourbi, vidé
et plumé : direction le frigo pour une petite grillade le
soir au bivouac !
Ensuite rentrée au Mali par Dioulouna et Mondoro : très
belles pistes et très beaux villages de style complètement
différents, l’influence Dogon se faisant sentir. Chaque
case a son petit grenier à céréales, avec les toits qui
commencent à être en chapeaux pointus (Dogon); aspect progressivement
un peu plus « riche » des cultures et villages ; pas mal
de beaux puits et de belles mosquées (l’islam paraît ici
assez tolérant, notamment pour les femmes). Rencontre aussi
avec les premiers touaregs et nomades Peuls, aux traits
moins négroïdes et de plus en plus arabes : nous remontons
bien vers le nord !
Bivouac fabuleux prés des monts Hombori, au sud du Boni
(vestiges d’un plateau de grès très dur en cours d’érosion
lui aussi, mais avec quelques millions d’années de retard
par rapport au reste du Sahara !) ; certainement l’un des
plus beaux bivouac du raid, d’autant plus que l’on s’est
arrêté assez tôt une bonne heure avant le coucher du soleil
pour en profiter pleinement.
En plus nous sommes tombés sur un coin rempli de bois mort
: parfait pour faire de bonnes braises et griller le poulet
acheté le matin au poste de douane du Burkina : très charnus
et très bon !
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J23 - MOPTI - BANDIAGARA
400 km. Après un début de matinée occupé
à suivre une nouvelle très belle piste roulante dans les
cadre majestueux des Monts Hombori, passage à Boni (beau
village au pied d’une falaise abrupte de 400 mètres de hauteur
: de quoi faire des belles voies d’escalade !), on tombe
comme prévu sur la bonne route goudronnée (française) qui
relie Mopti à la région de Gao (extrême est du Mali aux
confins du Niger, ancienne ville caravanière prospérant
du trafic d’esclaves, désormais en net déclin, mais porte
d’entrée du mythique Ténéré … : j’espère bien pouvoir y
passer un de ces jours !).
Nous rejoignons donc Mopti par la route (via Dourentza,
point de départ de la piste de Tombouctou que nous prendrons
après avoir visité le pays Dogon). Arrivée à Mopti en fin
de matinée, visite du port et des rives du Niger : beaucoup
des belles images de barques et bateaux effilés, et contraste
de ce pays d’eau et de marais par rapport aux plaines arides
de la savane et du Sahel.
Nous trouvons un petit restaurant paraissant comestible
au bord du fleuve, mais il se mérite : il faut en effet
pour y accéder traverser le marché aux poissons de Mopti
; or il y a bien du poisson frais (un peu), mais les locaux
semblent surtout consommer du poisson séché et plus ou moins
pourri (d’énormes tas de poissons faisandés jonchent le
sol !), d’ou une odeur difficilement supportable, ou tout
au moins largement de quoi vous couper l’appétit ! (heureusement
au restaurant il y avait autre chose que du poisson : poulet
grillé !).
Comme convenu nous retrouvons ensuite René au carrefour
de Sévaré, vers la station service, chacun étant pil poil
à l’heure : retrouvailles assez étonnantes après un tel
périple ! (eux sont partis tôt le matin de Sikasso, Neidge
et Mickael compris). Nous faisons les pleins (après avoir
passé plusieurs stations service à sec en gasoil), puis
direction le pays Dogon, par Bangiagara (route toute récente)
puis piste super-sympa au dessus puis en dessous de la falaise
de Bandiagara que nous allons longer (par le bas) tout le
lendemain, le long des multiples villages semi troglodytes
très typiques et jolis.
La descente de la falaise se fait par une piste assez accidentée
et montagnarde, ce qui nous fait drôle après des jours et
des jours de paysage plat ! (la falaise fait plusieurs centaines
de mètres de haut). Une fois en bas à Kani Kombolé, on reprend
direction nord-est une toute petite piste qui serpente au
bas de la falaise, illuminée par le couchant.
Un peu plus loin (à Endé) nous trouvons un petit campement
bien agréable, récemment ouvert pour accueillir les trekkeurs;
ceux-ci sont en effet nombreux au pays Dogon, le plus souvent
des français, mais nous n’en verrons que quelques uns (les
menaces au Nord Mali, c’est à dire 1 500 km plus haut tout
de même, semblent en avoir découragé plus d’un …). Donc
nous avions le campement pour nous seuls, et nous avons
pu rentrer dans la cour les 3 voitures, ensuite chacun a
choisi sont mode de logement : une petite chambre classique
(dans une case) pour Daniel, René et sa famille dans le
Toyota (il s’était installé lui aussi un « lit » intérieur),
et Thierry et moi à la belle étoile sur le toit d’une maison
: belle nuit étoilée, température idéale, mais pas mal de
bruits avec les volailles des alentours (nous nous vengerons
au petit matin en sélectionnant 2 pintades à manger !).
Avant la nuit soirée bien sympathique avec poulet grillé
chez les voisins (dans une case qui avait du feu); pas d’électricité
dans ce village.
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J24 - ENDE - DOURENTZA (PAYS DOGON)
160 km. Très belle journée bien remplie,
en compagnie de René : avant le départ choix des deux pintades
(qui nous ont cassé les oreilles une partie de la nuit !)
que l’on fait plumer et préparer, puis je comme d’hab direction
mon frigo (déjà assez vide !), en vue d’une grillade au
bivouac du soir.
Ensuite nous continuons la petite piste débutée la veille,
qui poursuit son trajet au pied de la falaise, nous permettant
de découvrir de nombreux villages, tous aussi beaux les
uns que les autres, certains étant classé au patrimoine
mondial de l’Unesco (mais ce ne sont bizarrement pas les
plus beaux et les plus conservés !). Les gens sont sympas,
mais déjà un peu « touristisés », un peu plus quémandeurs,
notamment les femmes (très « décorées ») qui demandent 1
000 francs CFA (1.5 euros) pour une photo : donc on s’abstiendra
d’aggraver le système, et je n’aurais pas de photo d’elles
!
On se perd un peu vers Konsongoulé, puis on retrouve la
bonne piste en prenant un jeune du coin abord du 80 : très
content de ce petit tour dans le sable mou, dans lequel
il devait être persuadé que l’on allait se planter (permettant
ainsi à tous ses copains de venir nous aider, en échange
de quelque chose bien entendu … ) ; mais tout le monde passe
les obstacles et la piste sablonneuse piégeuse sans encombre,
donc il est le seul à profiter du paquet de gâteau !
En fin d’après-midi la piste s’éloigne de la falaise de
Bandiagara pour se diriger vers les grandes plaines (qui
se poursuivent jusqu’au Burkina), puis remonte au Nord sur
Dourentza que l’on atteint en fin d’après-midi. Achat de
quelques fruits, gros pleins de gasoil et d’eau, puis on
prend la piste de Tombouctou qui démarre plein nord juste
derrière l’unique station service (heureusement approvisionnée)
de Dourentza. Le pompiste et la police locale nous confirment
n’avoir eu vent d’absolument aucun problème dans le secteur
de Tombouctou.
Donc finalement non seulement nous aurons été jusqu’au Golfe
de Guinée (non prévu dans le projet initial), mais en essayons
d’aller tout de même à Tombouctou (objectif plus ou moins
abandonné suite aux évènements du Dakar). Nous saurons par
la suite qu’en fait il n’y avait aucune menace réelle, mais
que l’organisateur du rallye avait prévu deux étapes marathon
beaucoup trop dures entre Maroc et Mauritanie, et qu’il
a cédé à la demande insistante des gros Teams usine (pleins
aux as) pour neutraliser une ou deux étapes le temps de
refaire toutes les voitures ; il fallait alors trouver quelque
chose pour avoir l’air crédible : même topo que quand ils
ont sauté le Niger il y a quelques années. Donc simple histoire
de gros sous, mais grosse frustration pour les Maliens (dont
certains s’étaient lourdement endettés pour profiter commercialement
du passage de la caravane du rallye).
Deuxième bivouac avec René, cette foi-ci en pleine savane,
une quinzaine de km au dessus de Dourentza, un peu à l’écart
de la piste de Tombouctou, vers les dernières falaises des
monts Hombori : une fois de plus arrêt assez tôt et nous
profitons pleinement de la fin d’après-midi et du coucher
de soleil.
Visite de sympathiques de nomades, très étonnés de nous
voir ici, mais surtout intrigués par les ordinateurs (surtout
quand ils se voient sur l’écran suite à photo numérique
!) et encore plus peut-être par le petit bébé blanc : nous
aurons d’ailleurs la visite matinale le lendemain de leurs
femmes, accompagnées de leurs (multiples) bébés de cette
tranche d’âge: comparaisons diverses et photos amusantes
à la clef !
Le soir comme prévu grillade de pintade, très bonne, et
bien accompagnée par le riz de Neidge (nettement meilleur
que le nôtre !). Mikaël s’endort sans problèmes, comme la
veille, quand on le met dans la voiture : il est vraiment
facile, et n’aura causé aucun soucis bien que trimballé
partout en 4x4 pendant 2jours.
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J25 - DOURENTZA - BAMBARA - TOMBOUCTOU - LAC FATI
310 km. Le matin départ tranquille :
René repart par la piste de la veille sur Dourentza (puis
Mopti et Sikasso), et nous prenons plein nord la piste de
Tombouctou, assez bonne et large, mais dangereuse car les
locaux (à nouveau des arabes et touaregs au « sang chaud
») roulent comme des malades en plein milieu de la piste,
la plupart avec des HDJ 60 assez bien conservés, ou des
pick up 4 litres 5 essence trop puissants pour leur style
de conduite (bien que chargés à bloc).
Nous arrivons après 3 heures de piste aux abords du fleuve
Niger (à 180 km du bivouac), ou le paysage change radicalement
: beaucoup de marres et étendues d’eau stagnante, quelques
pistes en cul de sacs, mais on trouve finalement le passage
pour arriver au bac. Coup de chance, il arrive justement
quand nous sommes au bord du fleuve : sans le voir, nous
n’aurions pas pu imaginer que « l’embarcadère » se trouvait
ici : c’est un simple banc de sable se prolongeant un peu
vers le fleuve ! Le bac peut prendre 4 voitures maxi : encore
coup de bol, il n’y a que deux locaux devant nous, donc
on peut embarquer de suite (c’est à dire en ½ heure).
La traversée se fait à un rythme Africain (maxi 10 km/h
au GPS), et comme nous remontons un peu le fleuve sur quelques
km, cela nous fait environ 1 h 30 de croisière reposante
et sympathique après les 200 bornes de pistes un peu stressantes
de la matinée. Nombreuses photos de pêcheurs, barques, animaux,
et villages sur certaines îles habitées au milieu de ce
fleuve qui amène une certaine richesse aux habitants de
ces contrées arides. Le débarcadère en face est similaire
au premier (et il faut bien un 4x4 pour arriver à remonter
le bout de sable raide !).
Ensuite bizarrement 10 km de bon goudron jusqu’à l’entrée
de la ville de Tombouctou (financement assuré non pas par
l’Europe ou même la France, mais selon des panneaux très
rutilants « en partenariat » avec la Région Rhône-Alpes
!!). Nous découvrons donc en prenant tout notre temps cette
ville mythique, ou il n’y a pas si longtemps on égorgeait
encore les étrangers simplement parce qu’ils étaient blanc
! Ambiance de ville saharienne assez plaisante, léger vent
de sable en milieu d’après-midi, rues pour la plupart encore
en sable. Pas trop sale (moins de poubelles qu'en Mauritanie
en tous cas), locaux pas très loquasses mais finalement
asses sympas, une fois que l’on a fait nous-même le premier
pas (sinon ils font tous une gueule d’enfer, genre libyens
!).
Nombreux 4x4 locaux en cours de chargement, surtout des
60 et des pick up toyota, avec galerie africaine et réserve
d’eau en peu de chèvre devant le radiateur ; ils sont prêts
à partir pour les immensités sahariennes qui démarrent juste
à la sortie de la ville, pour s’étendre sur plusieurs milliers
de kilomètres de large de la Mauritanie à la Libye, en passant
par le nord du Mali, le sud Algérien et le Niger : la tentation
est grande de mettre le cap dans ces régions, mais bien
entendu l’aspect sécurité prend le dessus, et nous n’irons
pas plus au nord.
Petite visite sur la grande place centrale de Tombouctou,
entièrement en sable, non pas plate mais avec des petits
vallonnements dunaires, dominée par la mosquée principale
; on imagine facilement le grand marché aux esclaves noirs
qui s’y est tenu pendant de nombreuses décennies … La maison
de René Caillé (premier explorateur à ressortir vivant de
la ville) est juste à cité, vaguement « restaurée » (à l’africaine
!). Plus tellement de femmes visibles, sauf au petit marché
local ou nous trouvons du pain, une pastèque et quelques
tomates. La seule station service (c’est un grand mot vu
sa taille …) a du gasoil, donc gros pleins car ensuite prés
de 600 km de pistes nous attendent avant la Mauritanie,
avec ravitaillement plutôt aléatoire.
Nous arrivons même à trouver des cartes postales (que j’enverrais
plus tard de Nouakchott), puis nous décidons de ne pas chercher
les ennuis en dormant à Tombouctou (bien que nous n’ayons
ressenti aucune animosité particulière) : donc cap au sud-ouest
par une piste évoluant dans un bel environnement sahélien,
mais sur 100 km pas mal de tôle ondulée jusqu’à Goudam.
Après les camions ne passent plus (il y a pont cassé : il
faut traverser une rivière), donc à nouveau belle petite
piste sablonneuse : nous bivouaquons un peu plus loin que
Goudam aux abords du lac Fati. Contraste du sahel et de
l’eau, beaux coucher et lever de soleil ;
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J26 - LAC FATI - NIAFOUNKE - LERE - FASSALA (ENTREE
EN MAURITANIE)
180 km. Dans la matinée, nous traversons
par des pistes plus ou moins marquées (variables chaque
années selon les étendues d'eau) une région paradoxale sur
le plan des paysages : très plate, très sèche et pauvre,
mais émaillée de plusieurs grands lacs d’eau douce, sans
pour autant que cela permette des cultures efficaces (la
terre n’est que du sable peu nutritif). C’est dans cette
région que durant les grandes sécheresses de 1973/74 ces
lacs se sont complètement asséchés, entraînant une famine
sévère et la mort de dizaines de milliers de personnes (des
villages entiers sont encore aujourd’hui désert : tous sont
morts …). Cette année les habitants sont assez contents
de leur sort : il a pas mal plu, et cela se ressent d’ailleurs
pour les pistes : certaines ne passent pas (trop d’eau),
et il nous a fallu faire un détour par le sud pour contourner
un grand lac et arriver à Léré (nous sommes alors repassés
à quelques encablures du fleuve Niger, intraversable dans
ce secteur).
Beaucoup de secteurs encore un peu humides et « mous »,
et pas mal de traces de plantages dantesques de camions
(certains y sont encore, abandonnés quelques semaines jusqu’à
que tout ai séché !). Même impression que dans les grands
Chotts Tunisiens ou Mauritaniens : aspect de grandes hamadas
plates comme la main, mais en fait sous une croûte sèche
apparemment dure c’est encore humide, voire boueux : piége
absolu si l’on se fait avoir (arrêt interdit !). Enfin nous
traversons tout ceci sans encombre et du coup rapidement
(un bon moyen de ne pas se planter est de ne pas mollir
sur la pédale de droite, et comme tout est plat et dégagé
sans obstacle, on peut y aller !). Grand intérêt des cartes
satellites qui montrent beaucoup mieux que les cartes classiques
les étendues d’eau (les photos ont été prises à la saison
des « pluies »).
Donc en milieu d’après-midi (plus tôt que prévu), nous sommes
à Léré (en arrivant par le sud au lieu du Nord), dernier
village Malien : formalité des sorties douanes/police sans
problèmes. Ensuite nous pensions descendre sur Nampala,
Sokolo puis Nara (toujours au Mali), puis remonter sur Néma
(passage Mali Mauritanie le plus usité) ; sur les conseils
des policiers et de Mauritaniens (croisés au poste de police)
qui venaient de Néma et allaient sur Tombouctou, nous prenons
une piste plein Est en direction de la Mauritanie. Petite
halte après avoir froissé des militaires Malien : je n’ai
pas vu leur poste et je suis passé sans m’arrêter ; après
quelques discussion autour de leur engin militaire (un 6x6
de fabrication française, certainement issu de l’armée française
: bon moyen de détourner la discussion pour la détendre
!), tout est arrangé, et nous traversons la frontière (sans
trop savoir ou elle est exactement, comme toujours dans
ces pays : eux ne savent pas non plus !).
Fassala, premier village Mauritanien, est un bled ultra-paumé,
à mille lieues de tout (200 bornes de pistes sauvages avant
et après), ambiance particulière, le village (assez gros
tout de même : 4 000 habitants environ) paraissant abandonné
! Nous devons chercher la maison du douanier, et bien entendu
le réveiller, au vu de son air éberlué de voir des touristes
en voiture dans un coin aussi reculé ; ensuite il n’a pas
pu apposer le tampon d’entrée de la voiture car son encre
était complètement sèche depuis bien longtemps : la scène
pathétique du douanier mauritanien de Fassala essayant de
réhydrater son tampon encreur avec les moyens du bord restera
dans les mémoires (1/2 h pour finalement avoir un gros pâté
illisible sur la dernière page du passeport : nous devrons
tout refaire à Néma). Pour la police même combat : nous
attendons ½ h le chef de la police locale (qui dormait aussi),
pour nous entendre dire qu’il n’avait pas l’habitude de
gérer une situation aussi compliquée (il sait à peine ce
qu’est un passeport), et finalement il jette l’éponge et
se déclare incompétent, nous renvoyant sur Néma ou nous
passerons le lendemain : il faut le voir pour le croire
! Donc si vous passez un jour dans ce secteur, il est conseillé
de faire les formalités à Néma (pour la Mauritanie) et Léré
(pour le Mali) ; sinon le trajet et les pistes sont superbes.
Bivouac sous un soleil couchant africain en pleine savane,
un peu après Fassala.
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J27 - FASSALA - BASSIKOUNOU - NEMA
265 km. Encore une matinée de superbes
pistes sablonneuses, dans une savane assez épaisse ou l’on
s’attend à voir surgir un lion ou un zèbre (mais il n’y
a plus que des antilopes !); ambiance genre Sirenguetti
au Kenya. C’est la piste qui aurait due être empruntée par
le Dakar (étape annulée). Certains camions sahariens l’emprunte
(on en a croisé deux), et comme c’est très sablonneux il
y a une grande profondeur des traces : du coup Daniel, un
peu bas (et amortos cuits) racle « le ventre » tout le long,
et finit par arracher les attaches du protége réservoir
: bricolage et sanglage à l’africaine prés d’un puits, sous
le regard amusé de villageois. Cela tiendra à peu prés jusqu’au
lendemain (soudure à Ayoun).
Pas mal de nomades avec de gros troupeaux de moutons/chèvres/dromadaires
qu’ils abreuvent au gré des puits. Belle ambiance et belles
photos. L’après-midi le sable laisse la place aux grandes
hamadas type libyennes , avec navigation au cap droit sur
Néma, que l’on rejoins en fin d’après-midi. Cette ville
est le bout de la « route de l’espoir », la reliant par
le goudron à la capitale Nouakchott, à environ 1 000 km
de là ; initialement (en 91) elle devait être poursuivie
pleine Est vers Tombouctou (à 400 km environ), mais finalement
le projet n’a jamais abouti, et le goudron s’arrête net
au milieu de cette ville, semblant loin de tout, et on l’imagine
très léthargique durant les chaleurs estivales.
Après une partie de foot avec les gamins locaux, nous trouvons
un bel hôtel récemment construit (ayant accueilli la caravane
du Dakar 10 jours auparavant) : bonne douche, puis on affronte
la police locale pour les formalités (c’est la première
fois que je voyais un policier regarder les passeports couché
par terre, sans se lever ! !) ; il nous taxe 10 euros chacun,
et a donc fait sa semaine ! Enfin les papiers de la voiture
sont en règle, car avec le coup de Fassala la sortie par
Nouadhibou aurait risqué d’être chaotique … De plus Thierry
n’avait pas de visa, mais le policier de Néma était arrangeant
(les 30 euros le rendant docile …) : du coup il s’en sort
avec pas grand chose (alors qu’à l’entrée à Nouadhibou Daniel
et moi avions déboursé 60 euros chacun !).
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J28 - NEMA - AYOUN - KIFFA - GUEROU
560 km. Départ matinal de Néma, et goudron
jusqu’à Ayoun el atrous, ou nous faisons une halte pour
ressouder le protége réservoir de Daniel.
J’en profite pour faire démonter 2 roues : celle de la mèche
mise vers Nioro au début du raid (qui tient bien, mais je
préfères mettre un champignon), et une autre : crevaison
lente depuis 3 jours : nous trouverons un clou d’âne bien
planté dans un crampon, le traversant complètement !
Casse-croûte de midi après Ayoun (zone de gros rochers très
photogéniques), puis route jusqu’à Kiffa (en passant par
Tintane, ou nous avions bifurqué au sud vers le Mali en
descendant).
Bivouac dans un bel erg repéré depuis la route après Guérou
: on s’essaye sur les dunes molles de fin d’après-midi,
et on s’en sort sans les plaques, qui finalement ne nous
auront pas servies de tout le raid. Beau coucher de soleil
et multiples photos.
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J29 - GUEROU - NOUAKCHOTT
540 km. Liaison tranquille vers Nouakchott
par le goudron : arrivée en fin d’après-midi, ravitaillement
en ville (pains, tomates, eau, gas oil) pour la plage le
lendemain. On traîne un peu dans Nouakchott en fin d’après-midi
: ambiance toujours aussi amusante côté circulation et état
des véhicules !
La mer étant haute et forte pour prendre la plage dans la
foulée, on fait un petit tour dessus pour faire quelques
photos avec Thierry, puis on dort au campement comme à l’aller,
avec aussi dorades grillées au programme ! Beau coucher
de soleil sur l’océan.
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J30 - NOUAKCHOTT - NOUAMGHAR - BANC D'ARGUIN
200 km. Le matin mer moins forte mais
encore haute : on attend pour prendre la plage. Visite du
point de départ des pêcheurs un peu plus au sud que le campement,
sur la plage : discussions diverses et fort sympathiques,
achat que quelques poissons bien frais que l’on nous vide
et nous écaille pour les grillades du soir.
Vers 11 h on décolle finalement : les 150 bornes de plage
sont assez « chaudes », avec une mer toujours assez forte
et haute, et une marge de manœuvre entre la mer elle-même
et le « mou » de l’autre côté est parfois nulle : donc les
moteurs sont mis à contribution (dans les tours en permanence),
il faut parfois rester quasiment à fond dans le mou en seconde
pendant ½ heure sans pouvoir relâcher à aucun moment. Pas
de surchauffe ni anomalie particulière : la mécanique tient.
Au passage de la grande dune qui se jette directement dans
la mer, il n’y a qu’à peine le passage de la voiture … (alors
qu’à l’aller nous avions bien une dizaine de mètres de sable
porteur !).
Enfin bref on arrive à Nouaghmar sans encombres, puis nous
repassons au péage du banc d’arguin, et quelques photos
de Pélicans plus tard nous sommes au point dit du « camion
frigo » (épave) en suivant notre « trace informatique »
de la descente dans les grandes hamadas. Bivouac un peu
plus loin dans les dunes, avec poisson grillé fort apprécié.
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J31 - BANC D'ARGUIN - NOUADHIBOU - FRONTIERE MAROC
Le matin on retraverse les petits cordons
dunaires comme à la descente, nombreux dromadaires et nomades.
Sortie du Ban d’Arguin par le poste habituel, puis prés
de 200 km de conduite plaisir au cap dans les immenses hamadas
longeant la mer, plus à l’ouest que la piste de descente
: plus plaisant et plus rapide. On se perd de vue un moment
(Daniel partant au cap sur un point situé à 35 km : mais
zone de rochers à contourner par la gauche visible sur les
photos satellites : merci les VHF !).
Vers le nord on prend une autre piste plus à l’est qu’à
la descente cette fois-ci : plus cassante l’autre était
mieux ! On arrive finalement en milieu d’après-midi à la
voie ferrée reliant Zérouat à Nouadhibou (pas de train cette
fois-ci), donc on poursuit jusqu’à la frontière (en reprenant
pile notre trace d’aller, évitant ainsi la zone minée !).
Passage de la frontière sans problèmes tant du côté Mauritanie
que du côté Maroc : ensuite 100 bornes de goudron puis bivouac
(le dernier, mais le vingtième du raid : on ne va pas se
plaindre !) sous une grosse Barkane, car vent de sable assez
marqué.
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J32 - J35 - RETOUR A CHAMONIX (DU 1 AU 5 FEVRIER)
01/02 : Du bivouac remontée par Boujdour,
Laayoune, jusqu’à Tan Tan plage (nuit chez Equinoxe comme
à la descente), 950 km (faisable sans pbs : route droites
et dégagées)
02/02 : Tan Tan Casablanca (par Essaouira), 870 km (arrivée
nocturne, un peu long)
03/02 : Casa Gibraltar Algéciras, 450 km, sans problèmes
04/02 : 1 300 km. On se sépare, Daniel et Thierry remontant
sur Madrid ; je pousse jusqu’à Perpignan, journée d’autoroute
bien remplie mais sans problèmes
05/02 : 500 km dans la matinée jusqu’à Grenoble, ou je laisse
le 80 chez Espitallier pour une révision approfondie bien
méritée après 18 000 km de bons et loyaux services, en attendant
de nouvelles aventures …
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