Même si le français est largement répandu dans plusieurs pays d'Afrique
du Nord, l'arabe et plusieurs autres langues et dialectes tels le
hassania ou le berbère constituent les langues les plus parlées.
Elles sont à l'origine de termes qu'il est utile de comprendre pour
lire les cartes, se renseigner sur la piste à suivre auprès des
populations locales et interpréter le terrain. La transcription
de ces termes en français est souvent phonétique et peut donner
lieu à différentes orthographes.
A noter un lien intéressant pour qui veut en savoir plus sur la géographie
des pays d'Afrique du Nord, la restranscription du livre de 1890 du colonel Niox
sur la
Géographie Militaire de l'Algérie et de la Tunisie.
(Pluriel : Aioun). Source. Puits. Il existe de très nombreux termes différents pour désigner
les différentes sortes de puits, selon leur profondeur, l'origine
de leur eau, la méthode à utiliser pour puiser l'eau ou leur débit
tout au long de l'année. Voir aussi bir,
hassi, ogla.
Littéralement : vert. De nombreux lieux géographiques sont ainsi nommés d'après leur couleur prédominante
en opposant la couleur (vert foncé qui se rapproche du noir) et le blanc.
La montagne verte / la montagne blanche. Exemple : Irmech El Abiod et Irmech El Akhdar sur la piste entre Atar
et Tidjikja.
Zone de dunes aux arrêtes vives, imbriquées les unes dans les autres
sans ordre apparent. A noter que ces passages sont souvent difficiles
à traverser, que ce soit avec des dromadaires ou en véhicule 4x4.
On y rencontre des sortes d'entonnoirs dont il est délicat de sortir
si l'on s'y ensable. A éviter, sauf si vous avez pour but de pelleter
dans le sable quelques heures...
Vallée ensablée, souvent dans le lit asséché d'un oued. Exemple
: la batha de l'oued Chinguetti, coincée entre l'erg
de Ouarane au Sud et le dhar Chinguetti au Nord.
Egalement appellé pommier de Sodome et roustonnier. Plante
surprenante par sa vivacité qui arrive à pousser sur des
sols très pauvres, il est fréquent d'en rencontrer des champs
entiers en plein désert. Voici la description qu'en fait
Théodore Monod dans son livre "Méharées" :
" ... plante admirable de vigueur, de netteté, de franchise
; port résolument dressé, sans rameaux rampants ou étalés
; feuilles entières, arrondies, épaisses, charnues, vernies
et comme laquées d'un vert très légèrement bleuté ; fleurs
en en corymbes terminaux, de velours mauve découpé avec
décision, sans bavures, sans fioritures ; odeur parfumée
; fruit globuleux, allongé, vert, puis jaunâtre, contenant,
rangées à la façon des écailles d'un poisson, les graines,
argentées d'abord, puis brunâtres, gainées de peau de daim
; chaque graine porte elle-même une aigrette de poils fins
dont la réunion dans le fruit constitue une borre pelucheuse
et douce, soie brillante qui s'envole en légers flocons.
"
Dépression plane recouverte d'une croute de sel et de terre,
comme un lac asséché. Si le chott est bien sec, on peut
y rouler en 4x4. Mais attention aux passages où l'eau subsiste.
Une fois la croute percée, l'enlisement est profond. L'eau
sous-jacente remonte alors, le véhicule s'enfonce et il
faut beaucoup d'énergie pour le dégager, le déplacement
de la terre humide et compacte étant bien plus difficile
que dans le sable.
Les plus grands chott se trouvent en Tunisie et la traversent
d'Est en Ouest de la mer à la frontière algérienne en son
mileu.
En 1890 déjà, le Colonel Niox dans la "Géographie
Militaire du Sahara", en parlait ainsi :
"Le chott el-Djerid ne peut être traversé que sur un petit nombre de chaussées étroites,
dont les indigènes suivent le jalonnement avec la plus grande prudence.
Le moindre écart en dehors de la route tracée exposerait les caravanes à l'enlisement.
Les traditions, grossies sans doute par l'imagination des conteurs,
parlent de caravanes d'un millier de chameaux disparus,
les uns derrière les autres, dans les boues du chott el-Djerid."
Nom français d'une graminée que l'on trouve dans les zones sahéliennes,
appellée initi ou ouezzeg par les nomades, dont les
petites graines sont remplies de piquants qui ont la fâcheuse tendance
non seulement à s'accrocher à tout vêtement mais également dont
les petites épines se plantent dans la peau comme de véritables
échardes.
A éviter lorsque vous choisissez le lieu de votre bivouac...
Montagne. Le djebel Toubkal dans l'Atlas au Sud de Marrakech au
Maroc est le plus haut sommet d'Afrique du Nord, et culmine à 4167
mètres. Voir aussi Adrar.
Zone de dunes. C'est l'image la plus courante que l'on se
fait du désert lorsque l'on parle du Sahara. Pourtant, il
faut savoir que les erg ne couvrent qu'environ 20% de la
surface totale du Sahara, le reste étant couvert par d'autres
types de terrains tels que plateaux caillouteux (reg),
plaines, ou massifs montagneux. Exemples : l'Erg Chebbi
au Maroc d'environ 30 kilomètres de long; le grand Erg Oriental
entre la Tunisie et l'Algérie de plus de 500 kilomètres
du Nord au Sud.
Colline, promontoir rocheux, quelle qu'en soit l'origine. Il existe
en mauritanie différents phénomènes géologiques particuliers portant
ce nom : tels que le guelb Er Richat formé de cercles concentriques
sur une zone de 50 kilomètres de diamètre, bien visible d'avion
et sur les photos satellite et dont les scientifiques ont au début
pensé qu'il pouvait s'agir d'un impact de météorite; ou le guelb
de Ben Amira, qui est en fait le plus gros monolithe d'Afrique,
deuxième plus grand du monde après celui se trouvant en Australie.
La plupart des guelbs ne sont cependant que de simples collines
ou rochers. On utilise également le terme de gleib pour un petit
guelb.
Mare d'eau, normalement permanente, formée souvent au creux
d'un rocher, parfois associée à une source. Certaines guelta
sont encore habitées par les derniers crocodiles au Sahara,
survivants des crocodiles du Nil à une époque ou le Sahara
était parcouru de grands fleuves. Exemple : la guelta d'El
Gheddiya.
Récolte des dattes. Généralement en juillet / août. Donne lieu également à une semaine de fête.
A cette période, les familles qui vivent en ville souvent regagnent leurs oasis d'origine pour participer
à la récolte et retrouver leurs proches dans leurs villages.
Tente carrée typique des nomades en Mauritanie. Constituée d'une toile extérieure blanche
et d'une toile intérieure décorée de motifs colorés. Protège à la fois du vent et de la chaleur.
Voyage à dos de chameau (méhari). Contrairement à plusieurs des
autres termes cités ici, celui-ci ne provient pas d'une transcription
de la langue arabe, mais est rentré dans l'usage courant du fait
du titre du livre bien connu de Théodore Monod, scientifique ayant
consacré de longues années à l'exploration des déserts du Sahara.
Voilà ce qu'il écrit à ce sujet en préface de son livre "Méharées"
:
"Cheval, chevauchée, méhari, méharée : Le suffixe montre la chose
dans son contenu, dans la variété, dans les éléments qui la composent.
Le mot existe, et semble avoir pour créateur mon excellent ami l'explorateur
et géologue saharien Conrad Kilian."
C'est aussi un débouché touristique récent pour quelques agences
de voyages spécialisées, en Mauritanie, en Algérie et en Libye notamment.
(pluriel : Aoudia).
Lit asséché d'un cours d'eau, souvent ensablé. Reconnaissable aux
formes du terrain creusé et à la végétation qui parfois arrive à
s'y développer. Il peut se remplir et couler après de fortes pluies,
surtout s'il se trouve alimenté par le ruissellement de zones montagneuses
ou accidentées proches telles que dhar ou
djebel. On recommande pour cette raison généralement
de ne pas bivouaquer dans le lit des oueds. On y trouve des puits
qui parfois ne sont que peu visibles, soyez prudent lorsque vous
y roulez. Les abords sont souvent utilisés pour des cultures temporaires
après que l'oued ait coulé.
L'oued Draa au Maroc fait plusieurs centaines de kilomètres de long,
partant de Ouarzazate jusqu'à son embouchure dans l'océan au Nord
de Tan-Tan après un long coude dans le désert. Aujourd'hui, il ne
coule plus de bout en bout et s'assèche dans le désert avant d'arriver
à l'Océan, mais certaines crues des années 1940 l'ont vu se transformer
en véritable fleuve continu.
Zone inondable à la saison des pluies, souvent utilisée en cultures sur ses bords, avec déplacement des zones
cultivées au fur et à mesure que la tamourt s'asèche. Exemple la Tamourt En Naaj près de Nbeika.